RESSOURCES EN EAU et PESTICIDES

Au tout départ de notre association, nous dénoncions les risques qui pesaient sur notre eau.
Sans se prendre pour  des « Devins » à la Nostradamus ,  nous annoncions que les sources captées sur les hauteurs d’Allassac , utilisées pour l’alimentation en eau de consommation, étaient menacées par certaines activités agricoles grandes consommatrices de Pesticides.

A la même occasion, nous faisions part de nos inquiétudes  pour notre santé et demandions que les périmètres de sécurité, prévus par des textes légaux (depuis 1964),  soient mis en place, immédiatement et sans délai, sous peine de voir se développer autour   de ces points d’eau, des pratiques polluantes susceptibles d’entrainer leur abandon et de porter atteinte à notre santé.

De demandesssss à notre Maire, l’invitant à prendre des mesures de protection dans le cadre du PLU (si! c’était possible!)…,
en réunion avec le syndicat des Eaux et son fermier la SAUR ,

De réunions avec les autorités préfectorales, chambre d’agriculture, représentants des pomiculteurs….,
en reportages télévisés, notamment sur canal + où l’on nous voit ramasser à pleines mains des engrais chimiques directement dans les sources et les zones humides de ces captages,

D’intervention au Sénat dans le cadre du congrès « Pesticides et Santé »…,
en réunion avec le Directeur de cabinet du Ministre de l’Agricuture,

De rassemblement de plus de 500 personnes sur la place d’Allassac…,
en demande d’audience au Préfet de la Corrèze.  …. 
qu’en est-il???? 

6 ans après, ça y est ……les prédictions se réalisent!!!  les captages sont déconnectés, voire abandonnés, notamment en raison de…. accrochez vous bien……..
« UN ENVIRONNEMENT PEU FAVORABLE A LEUR PROTECTION »?!?!?!?

J’aimerai juste rappeler à ces décideurs, adeptes de belles phrases, que cet « environnement peu favorable »,  ils en sont en partie responsables par leur inertie.
Inertie qu’ils appellent eux,  des
 « lenteurs administratives liées au cloisonnement vertical des services ».

Pour nous citoyens et consommateurs, qui visiblement n’avons pas notre mot à dire dans la gestion de l’Eau que nous buvons, cela se traduit par « on laisse pourrir la situation et ensuite on déconnecte ces captages qui nous compliquent la vie – on en garde un ou deux pour se donner bonne conscience et rassurer les écolos-bobos et basta!! »
 Telle est, à notre sens, la Politique de l’Eau validée par nos élus qui, s’ils ont donné délégation au Syndicat des eaux, conservent le pouvoir d’imposer les orientations de la politique de l’Eau à mener. Sachant que depuis que la commune a abandonné la gestion de l’Eau, plusieurs municipalités se sont succédées,  on ne peut donc pas nous accuser de tenir un discours avec un clivage gauche ou droite.

Ci dessus, photographie d’un captage avec en fond une plantation de pommiers généreusement aspergée de pesticides

Mais venons en à ce qui motive cet article:
Il y a quelques semaines, nous avons été alertés de travaux à proximité de ces zones de captages,  mais aussi de désherbage à grande échelle (à l’aide d’une lance) directement sur un captage. Bonjour le glyphosate (substance active d’un désherbant)  dans l’eau du robinet. Regardez la fameuse étude SERALINI qui porte sur les OGM mais aussi sur le glyphosate (Roundup)- Extrait: « les femelles (rates) qui boivent l’eau contaminée au roundup quelque soit la dilution sont plus malades…80% d’entre elles sont atteintes de tumeur…certaines rates ont développé jusqu’à trois tumeurs…. »

Aussi, lorsque le président du syndicat des eaux de l’Yssandonnais me dit que nous sommes dans le « concept » du risque, j’ai envie de lui faire parvenir la pléthore d’études qui précise les effets des pesticides sur la santé humaine ainsi que le tout récent rapport du Sénat sur « les pesticides et leurs effets sur la santé ».

Aujourd’hui nous ne sommes plus dans le concept, nous sommes bien dans la certitude du risque sanitaire et demain nous serons dans une situation de véritable désastre sanitaire, déjà annoncé par des sommités scientifiques et médicales.

Bref, nous avons alerté le syndicat des eaux qui nous répond par courrier nous précisant que les captages sont provisoirement déconnectés « en raison de l’environnement peu favorable…… « 
« provisoirement »??? Je crains, une fois que désherbants, perturbateurs endocriniens, cancérigènes possibles et probables, mutagènes se seront délassés et ébroués dans cette eau, que le terme « provisoire » ne se transforme en « définitif ».

Bref, outre ces « quelques risques » pour notre santé ont peut aussi se demander si  l’abandon,  ou la déconnexion provisoire, de ces captages est intéressante à moyen et long termes. D’après de nombreux spécialistes de l’eau, NON! Elle serait même économiquement un véritable désastre!!!

A titre d’exemple l’abandon des captages qui alimentaient La Roche à ALLASSAC (19) à couté à la Collectivité plus de 500 000 €!!!      (Au fait, « la Collectivité » c’est vous, c’est nous!!)
Vous en doutez???
Alors rendez vous sur le lien ci-dessous

 journal municipal ALLASSAC QUOI  N° 22 – JANVIER 2007  – Pages 14 et 15

et surtout lisez entre les lignes pour comprendre la réalité des explications données!!!!!

Voici un extrait.
– La sécurisation du secteur de la Roche alimentée exclusivement
par les captages par la pose d’une conduite entre
la Côte et le réservoir de la Roche pour transférer l’eau issue
de la station d’Agudour. Ces travaux débuteront début
2007 pour un montant approximatif de 430.000 € H.T..

Dans ce même article, publié comme par hasard après nos premières agitations, on peut lire que des études hydrogéologiques permettant de définir les périmètres de sécurité dataient de 1982 et 1989.
Si on comprend bien,  il  a fallu attendre 2006 pour lancer ou plutôt, re-lancer  la procédure de protection des captages de La Sudrie – Laugérie – La Blondinerie.
Les études de 1982 et 1989 n’allaient t elles pas dans le bons sens?  l’inertie ou  pardon, « les lenteurs administratives liées au cloisonnement vertical des services » ont en tout cas fait qu’il a fallu lancer une nouvelle étude hydrogéologique. Nouvelles dépenses ou plutôt doublement de la dépense!!! Coût estimé au départ à 67 000 €  H.T pour la Collectivité.
 Selon une source (potable elle!) proche des services « verticaux cloisonnés »,  une demande de rallonge du financement aurait été déposée??
Peut être en lien avec la demande de subvention concernant une dépense de 31 000 € et portant sur:
 « la protection des captages de la Sudrie et la Blondinerie Sud », précisé « phase administrative ».
Un lien (ici) qui vous permettra d’aller directement sur le recueil des actes administratifs du Conseil Général de la Corrèze N°05 – mai 2008, afin de vérifier nos dires (page 81).

Si je résume, les captages de Laugérie, la Sudrie, la Blondinerie… seraient donc en procédure  administrative de protection depuis 1982 pour certains et 1989 pour d’autres, soit 30 ans de cloisonnement administratif vertical (ou d’inertie) pour arriver à une déconnexion ou un abandon!!!!
Ces quelques dernières années le coût de ces captages mais surtout des alternatives mise en œuvre pour alimenter quelques foyers est tout simplement faramineux.

On peut s’interroger de savoir pourquoi, alors que l’Europe subventionnait à plus de 90% le cout  des indemnisation des agriculteurs se trouvant dans ces zones, notre syndicat des eaux n’a pas déposé les demandes et utilisé ces fonds??

On peut s’interroger de savoir pourquoi des syndicats des Eaux, comme à Perpezac le Noir, grâce à ces aides européennes, ont pu faire arracher  des hectares de pommiers conduits selon les préceptes de l’agriculture intensive à grand renfort de pesticides et ainsi sauvegarder leurs ressources en eau?

Mais de qui se moque-t-on!!!!!

Quand est ce que nos Elus vont prendre le taureau par les cornes et dire maintenant, ça suffit!!!

Va-t- il falloir sortir de nouveau les banderoles pour qu’enfin la santé devienne une priorité politique, locale départementale et nationale?

Va-t-il falloir sortir les banderoles pour qu’enfin la protection de l’eau ne soit pas un simple discours de campagne (électorale)?

Va-t-il falloir sortir les banderoles pour qu’enfin  nos inquiétudes soient prise en comptes?

Après avoir demandé audience au Préfet de la Corrèze pour qu’enfin la problématique Pesticides et Santé soit au cœur des débats, nous espérons très vite une réponse et des mesures efficaces.
 

Ainsi, banderoles et rassemblements n’auront peut-être pas lieu d’être Nous l’espérons!!!

Nota :  La loi sur l’eau du 3 janvier 1992 avait fixé les délais quant à la mise en place des périmètres de protection (immédiat, rapproché et éloigné), la date butoir étant le 2 janvier 1997 y compris pour les captages antérieurs à 1964. Pour ceux qui souhaiteraient plus d’informations sur la réglementation vous pouvez consulter la directive cadre européenne sur l’eau(2000/60) et les différentes réglementations ou encore nous contacter.

4 thoughts on “RESSOURCES EN EAU et PESTICIDES

  1. Bravo à vous pour cet article. Le coût pour la collectivité de la pollution agricole des eaux est effectivement énorme. Rappelons nous de cette étude du ministère du développement durable : http://www.developpement-durable.gouv.fr/Couts-des-principales-pollutions.html

    et de que choisir :
    http://www.liberation.fr/terre/01012397174-deux-millions-de-francais-boivent-de-l-eau-du-robinet-polluee

    et c'est effectivement sans prendre en compte les problèmes de santé…

  2. A ce jour ces deux associations ne nous ont pas apporté de soutien. Nous restons à leur disposition comme à celle de tous ceux qui voudront nous aider dans nos démarches initiées par de simples citoyens membres de la société civile.

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