Ces paysages que l’on assassine…

Et s’il n’y avait qu’eux…
La modification des paysages par l’uniformisation, l’arrachage des haies, la suppression des taillis, des talus et de quelques ronciers à grand coup de désherbant total et révélateur de l’industrialisation du monde rural et de son agriculture.
http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2014/08/02/31003-20140802ARTFIG00005-natacha-polony-ces-paysages-que-l-on-assassine.php

le paysage de la ROCHE

De 10 000 000 (10 millions) d’actifs agricoles en 1945, la France est passée à  à peine 1 million .
Cette régression d’emplois massive est la plus importante que la France ait connue, toute activité confondue.

La cause en est simple:
 L’industrialisation par la mécanisation à outrance et le recours à une agro-chimie généralisée (Vive les engrais et les pesticides).

Si on se limite à la lecture de ces chiffres, on se rend compte que c’est 9 millions d’emplois perdus en à peine un demi-siècle.
9 Millions!!!
Sans vouloir prendre trop de raccourcis, on pourrait se demander si le retour à plus de ruralité ne serait pas une des solutions pour endiguer le nombre record de demandeurs d’emploi en France  qui lui s’élève à moins de 6 millions!
Il est pas question de donner un bêche , une faux, une fourche et un râteau à chaque chômeur, mais de réfléchir à une autre agriculture qui revienne à ses fondamentaux:
– produire des produits de qualité en assurant au consommateur la sécurité alimentaire
– entretenir les espaces en veillant au respect de la biodiversité
– faire que ceux qui produisent, vivent de leur activité

Lorsque l’on sait qu’en 150 ans l’Europe est passée de 65 à seulement 3% de sa population agricole,
on est en droit de se dire que l’agriculture familiale est une des pistes  contre le chômage de masse.
http://www.mediascitoyens.eu/2014/06/lagriculture-familiale-un-remede-contre-le-chomage-de-masse/

Cette modernisation, sensée apporter le confort moderne et le bonheur aux agriculteurs,   conduit finalement à leur disparition rapide et à la transformation de nos paysage ruraux.

Quant aux bonheur, est il toujours dans le pré?

A voir les poisons qui y sont déversés et les interdictions de pénétrer dans les parcelles pendant 48 heures après traitement, le côté bucolique des prairies où il faisait bon se rouler lorsque nous étions gosses est bien en train de disparaître.
A en croire les statistiques, cette modernisation qui devait apporter « joie, bonheur et prospérité » aux agriculteurs n’a pas vraiment atteint  son objectif.
http://www.arte.tv/fr/le-malaise-paysan/7773908,CmC=7773718.html

Le malaise paysan n’est pas une fiction:
– Maladies professionnelles,
– Combat et parcours du combattant pour les faire reconnaître par ceux qui sont sensés les aider (M.S.A)
– Taux de suicide record
– Endettement pour acquérir et rester dans la course à la modernité (coûte que coûte, vaille que vaille)
– Produire toujours plus pour gagner de moins en moins et souvent au détriment de la qualité.
– Exporter sa production à l’autre bout du monde et acheter ses légumes en provenance d’argentine au leader ou supermarché du coin.

Bref, tout ça pour dire que ces changements de paysages, si on peut les regretter, ne sont que la partie visible de l’iceberg.
Malbouffe, maladie, chômage et misère sont les conséquences de l’industrialisation de l’agriculture dont les symptômes et les premiers signes se sont manifestés  par ces paysages assassinés.
« Pourtant, que la Montagne est belle » chantait déjà Jean Ferrat en 1964. Dommage qu’il n’ai été entendu.
 Le retour à une plus grande ruralité et à une agriculture familiale serait peut être l’un des traitements à suivre pour que ne disparaissent pas totalement nos agriculteurs, premières victimes de ce système qui leur a été imposé par des gens qui aujourd’hui, souvent, leur tourne le dos.

Espérons qu’ils comprendront que ceux qui les dirigent ne sont pas forcément ceux qui leur veulent du bien et que ces gens défendent uniquement leurs intérêts financiers et ceux des firmes multinationales dont ils sont les représentants directs ou indirects.

Espérons que ceux là même qui les dirigent cessent de tenter comme ils le font de « monter » les agriculteurs contre leurs voisins lorsque ces derniers s’inquiètent, à juste titre, des produits qu’ils utilisent à côté de chez eux et dont les « embruns » dérivent jusque sur leurs fenêtres et les balançoires des gamins.

Espérons que les pouvoirs publics et les collectivités comprendrons le rôle qu’elles ont à jouer et ne se contenteront pas d’aller seulement là où les conduisent ces quelques responsables.

Espérons que nos enfants connaîtront ce renouveau et ce retour à une plus grande ruralité avant que la machine ne s’emballe totalement et ne puisse revenir en arrière… s’il n’est pas déjà trop tard.

Espérons…

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