Bientôt une charte de bonnes pratiques pour la pomiculture ?

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L’association Allassac ONGF est associée depuis plusieurs mois à un processus négocié devant déboucher sur la signature d’une charte de bonnes pratiques. Celle-ci, élaborée en concertation avec les représentants des pomiculteurs, les pouvoirs publics et les associations de riverains, a pour objet de mieux encadrer les plantations de vergers, afin d’éviter au maximum les nuisances pour les riverains et de contribuer au développement d’une agriculture responsable.

Espérons que ce processus pourra aller à son terme et donner lieu, enfin, à des avancées significatives. Allassac ONGF, partie prenante de la négociation, oeuvre activement en tout cas pour que le point de vue des riverains soit réellement pris en compte.

Dans un article de La Montagne, le sous-préfet de Brive, Jean-Paul Vicat, fait le point sur l’avancée des travaux.

Qui compose ce groupe et quel est le but ? Je préside ce groupe de travail dit pomiculture qui est composé des services de l’État, Direction départementale des territoires, Direction régionale de l’Agriculture et de la Forêt, ARS mais aussi des acteurs de la filière, Perlim, Limdor, l’association AOP du Limousin, la chambre d’Agriculture, l’association de riverains Allassac ONGF, l’association Phyto victimes et l’association des maires sachant que c’est celui d’Allassac qui y siège. En tout, cela représente une quinzaine de personnes autour de la table.

Le but est de trouver une solution pour vivre ensemble en bonne intelligence ; faire en sorte que la filière se développe tout en ne créant pas une gêne trop forte pour les habitants.

Comment se passent ces rencontres sachant qu’il y a quelques années, les protagonistes avaient claqué la porte ? Il y a des points de vue différents, parfois on marche sur des oeufs. Les saccages de pommiers n’ont rien arrangé. Toutefois, on avance. J’espère qu’au printemps, on aura abouti.

Quelles sont les pistes de réflexion ? On travaille notamment sur le foncier en essayant de trouver des règles d’urbanisme. Que les maires puissent intégrer dans leur PLU (Plan local d’urbanisme NDLR) des parcelles pour la production et des lots constructibles. Pour les constructions déjà existantes, il y aura une mise en place de haies, de filets anti-dérive en lisière de parcelles pour arrêter la diffusion des produits. Il n’y aura pas de traitement le dimanche. On travaille aussi sur les distances, l’information aux riverains…

Une charte des bonnes pratiques a déjà été élaborée en 2011 sans grande efficacité… Comment s’assurer que les engagements soient respectés ? Cette fois, on ne s’oriente pas vers un document cadre général comme à l’époque. La partie agricole propose de mettre en place des contrats individuels. En effet, la topographie n’est pas toujours la même, le bâti pas toujours le même… L’idée est de signer des CLIME, contrat local individuel de management environnemental. Ce sera un engagement entre le pomiculteur, l’organisation professionnelle à laquelle il appartient et les riverains concernés. Planter en bio peut-être un engagement du CLIME par exemple.

En quoi ce contrat sera-t-il contraignant ? C’est un engagement moral avant tout. Si l’arboriculteur ne tient pas parole, il se met en difficulté. On estime que ça va responsabiliser. De l’autre côté, les associations ne devront pas tout judiciariser. Il faut vivre en bonne intelligence. Il faut concilier les intérêts d’une filière qui souffre, à qui l’embargo russe à causer beaucoup de tort. Il n’est pas facile de retrouver des marchés quand les pays ont pris d’autres habitudes ailleurs. En même temps, la population doit pouvoir vivre à la campagne en sécurité.

Quelles sont les prochaines échéances ? La date de la prochaine réunion n’est pas encore fixée. Elle devrait se tenir en mars. C’est environ tous les deux mois. L’architecture des CLIME doit être encore peaufinée. Ce seront des engagements au cas par cas. Il faut voir notamment quels financements sont mobilisables car la plantation des haies, les filets ont un coût. Dans ce dossier, on entend tout le monde. Le rôle de l’Etat, c’est de mettre de l’huile dans les rouages.

Que savez-vous du saccage des pommiers à Vigeois ? Je suis allé sur place avec le procureur et le préfet. Pour l’heure, les investigations n’ont pas permis de dégager une piste plutôt qu’une autre. L’Etat est attentif à ce dossier. On ne lâche pas l’affaire.

Laetitia Soulier

One thought on “Bientôt une charte de bonnes pratiques pour la pomiculture ?

  1. Depuis 10 ans l association Allassac ONGF oeuvre pour que des mesures de protection limitant la dérive des pesticide soient mises en place, en attendant la révolution de l arboriculture pour un retour à des modes de culture privilégiant l agronomie à la chimie. Nous voulons croire que le changement de paradigme est en cours et que l ensemble des politiques, au sens large, soutiendront toutes démarches en ce sens.

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